En Afrique, 57 % de la population n’a pas accès aux services bancaires traditionnels.C’est ce qu’indique le rapport de la Banque Mondiale en 2021.Face à ce défi, les technologies décentralisées comme la blockchain et les cryptomonnaies redéfinissent les contours de l’inclusion financière. Mais comment ces innovations transforment-elles concrètement l’économie locale ? Des startups africaines utilisent la blockchain pour réduire les coûts des transferts d’argent. Elles entendent également, démocratiser l’accès aux services financiers. Il s’agit notamment de Kotani Pay au Kenya ou de BitSika au Ghana. Au-delà de la finance, ces technologies révolutionnent des secteurs clés tels que l’agriculture ou le commerce équitable. Cet article explore les opportunités, les défis réglementaires et les solutions hybrides émergentes. Il se propose d’envisager l’avenir du Web3 social sur le continent.
Les Technologies décentralisées, leviers de l’Inclusion financière

Réduire les coûts des transferts internationaux
La startup kényane Kotani Pay utilise la blockchain pour convertir des cryptomonnaies en argent mobile, permettant aux travailleurs de la diaspora d’envoyer des fonds à des frais jusqu’à 70 % inférieurs aux services traditionnels. L’entreprise dirigée par Felix Macharia se pose comme une pionnière dans la convertibilité Web3 et Paiement Mobile.
Blockchain au-delà de la finance : agriculture et traçabilité
Garantir l’authenticité du produit agricole
En Côte d’Ivoire, la plateforme COCOBLOCK garantit l’origine équitable du cacao grâce à un registre infalsifiable. Les exportateurs peuvent ainsi valoriser leurs produits sur les marchés internationaux. L’idée étant de rendre les produits traçables de bout en bout de la chaîne de production. Une avancée majeure dans un pays qui n’est pas moins,le premier producteur mondial du cacao.
Un statut à assumer
En effet,avec 1800 milliers de tonnes,le pays des éléphants domine le classement mondial. Depuis un certain temps,le pays transforme surplace les produits cacaoyers. C’est en substance,ce que rapporte un article du Chocolatier Ivoirien.
Sécurisation des contrats agricoles

En Ouganda, AgriLedger utilise la blockchain pour enregistrer les accords entre petits producteurs et acheteurs, réduisant les litiges et les intermédiaires. Résultat : une hausse de 30 % des revenus des agriculteurs (données AgriLedger, 2022). Le principe ? L’entreprise fait recours aux SmartChain Solutions. Elle s’appuie sur la technologie de la blockchain. Son objectif est d’assurer l’immuabilité et la transparence de la ferme à l’assiette. Ce faisant,elle favorise la confiance entre les parties prenantes. Elle rend la tarification équitable ainsi que des règlements rapides. Le cheminement des produits dans le système alimentaire mondial devient donc simple.
Défis et Solutions Hybrides
Régulation et éducation numérique
Le Nigéria a temporairement interdit les cryptomonnaies en 2021, illustrant la méfiance des régulateurs. Parallèlement, l’éducation numérique limitée et les coupures d’Internet freinent l’adoption massive. Au Cameroun voisin, l’affaire Liyplemal constitue un précédent inquiétant dans l’histoire des cryptomonnaies en Afrique centrale. Ce projet promettait de l’argent facile grâce aux cryptomonnaies. Néanmoins, beaucoup de personnes ont perdu leurs économies
Vendeur de rêve
La plateforme utilisait de fausses promesses. Ainsi,elle profitait du manque de connaissances en numérique des citoyens camerounais. Les victimes ne comprenaient pas les risques. Ce scandale a augmenté la méfiance envers les monnaies virtuelles. Les crypto enthousiastes doutent dorénavant des offres trop alléchantes.
In fine,ce scandale montre l’importance de l’éducation financière. Ceci dans la mesure où les populations doivent apprendre le fonctionnement des cryptomonnaies. De leur côté ,les pouvoirs publics doivent expliquer les pièges et les règles. Sans éducation, les arnaques continueront. Liyplemal rappelle que la régulation est nécessaire. Il faut protéger les citoyens dans le monde digital.

Innovations locales pour rassurer les utilisateurs
Le Sénégal a lancé Bitique, son premier centre dédié au bitcoin. Ce lieu permet d’échanger et de se former sur cette cryptomonnaie. Un forum sur le bitcoin est prévu à Dakar en décembre. Cointelegraph a interrogé Nourou (Dakar Bitcoin Days, Bitcoin Sénégal) et Loïc Kassamoto (Bitcoin Mastermind). Leur objectif : expliquer l’impact du bitcoin en Afrique de l’Ouest. Ces initiatives montrent une volonté de démocratiser les cryptomonnaies. Ainsi,elles répondent aux doutes des utilisateurs par l’éducation et le dialogue.
L’Afrique, laboratoire du Web3 Social

L’Afrique, devient un terrain fertile pour l’innovation dans le Web3. Les Organisations Autonomes Décentralisées (DAO) émergent comme des modèles de gouvernance révolutionnaires. Elles constituent une alternative aux structures traditionnelles. En exploitant la technologie de la blockchain, les DAO permettent une gestion transparente et participative, où les décisions sont prises collectivement par les membres de la communauté. Ce modèle de gouvernance distribué favorise l’inclusion et l’autonomie, réduisant les barrières bureaucratiques et permettant une meilleure réponse aux besoins locaux.
Les DAO, nouveaux modèles de gouvernance
En Afrique, les DAO peuvent jouer plusieurs rôles cruciaux. En effet,les DAO sont utiles dans l’autonomisation des communautés, la promotion de projets collaboratifs et le développement d’écosystèmes économiques résiliants. et équitables. Par exemple, l’Africa DeFi Alliance DAO a été lancée pour promouvoir l’adoption de la finance décentralisée sur le continent. De plus, des initiatives comme Ejara utilisent les DAO pour offrir des services financiers accessibles et sécurisés aux populations non bancarisées.
Des perspectives inédites
En somme,les technologies décentralisées ouvrent des perspectives inédites pour l’inclusion économique en Afrique, malgré des défis réglementaires et infrastructurels. Des solutions hybrides et locales émergent, prouvant que l’innovation peut s’adapter aux réalités du continent. Et si l’Afrique devenait le berceau d’un Web3 social et équitable ?