L’Accord portant création d’une zone de libre-échange continental africain (ZLECAf), entré en vigueur en 2021, promet de créer le plus grand marché unique au monde avec 1,3 milliard de consommateurs. Pour les startups africaines, cet accord ouvre des perspectives inédites : la réduction des droits de douane (jusqu’à 90 %).
L’harmonisation des réglementations et la stimulation des échanges intra-africains qui représente aujourd’hui à peine 18 % du commerce total du continent. En 2023,il était de 15% d’après des chiffres avancés par les Nations Unies. À titre de comparaison,c’est 58% en Asie et 67% en Europe toujours selon les Nations Unies . Retour sur ce tournant majeur dans l’écosystème entrepreneurial africaine.
Les objectifs de l’accord
La Zone de Libre Échange Continental Africaine a deux objectifs essentiels qui visent à faciliter le climat des affaires sur le continent.
- Objectif principal : Créer un marché unique et libéralisé pour le commerce des services et des marchandises, soutenant les objectifs de la ZLECAf.
- Objectifs spécifiques : Renforcer la compétitivité des services, stimuler le commerce intra-africain, éliminer les barrières tarifaires et nontarifaires, et promouvoir le développement industriel et durable.
Le rôle avant-gardiste des plateformes
En réponse aux faibles taux d’échanges intra-continentaux,des plateformes comme Sabi Am(Nigéria) ou Wasoko (Kenya) ont vu le jour. Pour l’essentiel,elles visent l’extension de leurs services logistiques et de e-commerce à l’échelle régionale. Malgré ces avancées technologiques considérables, les obstacles persistent. Les barrières non tarifaires – bureaucratie, corruption aux frontières, infrastructures défaillantes – freinent l’élan des PME. Un rapport de la Banque mondiale estime que 84 % des entreprises africaines jugent les procédures transfrontalières « complexes ».
Les startups tech tentent de contourner ces blocages : la fintech Chipper Cash simplifie les transferts d’argent entre pays, tandis que Lori Systems digitalise le fret routier en Afrique de l’Est. L’innovation collaborative émerge comme une solution clé. Des hubs comme Cairo’s AfriLabs ou Lagos Innovates connectent des entrepreneurs de différents pays pour co-développer des solutions panafricaines. Par exemple, la startup Kasha (Rwanda) utilise ces réseaux pour distribuer des produits de santé féminine en RDC et au Kenya. Cette avancée pourrait aussi catalyser des partenariats public-privé, comme l’initiative PAPSS pour harmoniser les paiements en monnaies locales.

Le bilan de la ZLECAf
Quatre ans après son entrée en vigueur,cet accord montre des perspectives économiques encourageantes. En effet,un billet des Nations Unies,indique qu’en cette année 2025 la ZLECAf pourrait engendrer une stimulation économique tendant vers les 52,3%. Et un marché prévisionnel de 450 milliards de dollars.
L’avenir ? Les startups qui miseront sur des modèles scalables, une connaissance fine des marchés locaux et des alliances stratégiques tireront profit de la ZLECAf. Les gouvernements doivent accélérer la numérisation des douanes et soutenir les fintechs pour libérer ce potentiel.